Deuxième jour ici à Sittwe, Rakhine State. Je voulais m’interesser à la ville çar après avec mes aventures d’hier je n’ai pas eu le temps de me balader dans la ville.


Alors aujourd’hui j’ai marché toute la journée, dans tous les quartiers, les alentours de la ville.
 Dans le centre de la ville, j’ai un peu de mal avec la population, qui n’était pas très souriante (pour une fois en Birmanie), mais je pense que c’est réciproque et qu’ils ont des aprioris par rapport aux étrangers. Ils n’aiment pas forcément les gens qui travaillent pour les ONG, qui aident peut-être trop la communauté musulmane à leur goût. (Et peut-être au détriment de la population locale, dans le besoin elle aussi) J’avais lu de nombreux articles qui parlaient du quartier d’Aung Mingalar, le quartier musulman de Sittwe. Les Rohingya, ou plutôt la « communauté musulmane de l’état de Rakhine » ne vivent pas tous dans des villages ou des camps de réfugiés en dehors de la ville, une partie d’entre eux vis toujours en plein milieu de la ville. Mais c’est une prison à ciel ouvert, un ghetto. Ils sont sois disant 4000 à vivre ici, ils étaient 15 000 avant. Petit à petit les birmans essaient d’étouffer cette minorité… Horrible. Depuis que les conflits anti-musulmans ont éclatés en 2012, ils vivent donc enfermé dans ce quartier. Enfermés, sans état.

Je ne savais pas exactement où se situais ce quartier alors j’ai pris la main road et j’ai marché jusqu’a être bloqué, aucune trace du quartier, les seuls endroits bloqués par la police étaient des zones militaires sans intérêt. Mais tout l’est de la ville est 100% bouddhiste, de nombreux monastères, des pagodes etc… J’ai croisé de nombreux enfants dans ces quartiers, et ça les faisait marrer de se balader avec moi, trempé, sous la pluie qui n’a pas arrêtée aujourd’hui! J’ai découvert des « quartiers » très pauvres, certainement soutenus eux aussi pas des ONG. Dans toute la ville on peut apercevoir ces tentes « The United Nations Refugees Agency », je trouve ça quand même assez ironique qu’ils utilisent ça partout. J’ai aussi traversé un pont, il n’y avait aucun contrôle, et je me suis retrouvé dans un camp en périphérie de la ville, mais un camp pour les « birmans » cette fois, avec là aussi des écoles soutenues par des ONG etc… J’ai ensuite continué mon chemin dans la ville à travers ces quartiers pauvres, et puis je me suis posé à l’Hôtel, K.O après toute cette marche. Je suis rentré de cette balade beaucoup plus familiarisé avec la ville, j’ai rencontré plein de gens vraiment super accueillants et les enfants adorent parler anglais, c’était peut-être donc moi qui faisais un blocage.

Mais toujours cette frustration de ne pas avoir trouvé le quartier musulman. Alors j’y retourne, juste avant le coucher de soleil, de l’autre côté de la ville où je n’ai pas été. Et là je marche 30 mètres et j’aperçois une longue rue avec un barrage policier au bout, ça y est je pense que c’est ça. Le quartier se trouvais donc à 50m de mon hôtel, juste en face de ma chambre, mais je n’avais rien vu. J’ai donc pris une autre rue, où j’ai aperçu des musulmans derrière des barricades barbelées… En m’approchant des jeunes homme birmans me disent de ne pas aller là, ce sont des « policiers », je leur explique que je sais très bien ce que je fais et que j’ai le droit de m’approcher de la barricade, mais ok je n’irais pas de l’autre côté. En face de moi, plein de jeunes musulmans, qui vivent là enfermés, en permanence. On échange rapidement quelques mots en anglais, ça ne plait pas aux policiers. Je repars donc faire le tour du quartier. De nombreux postes de police bloquent chaque entrée/sortie pour accéder au quartier, mais les habitants sont là, posés au coin des rues… Ça ne plait pas aux policiers que je prenne mes photos, ils se cachent à chaque fois que j’approche, je trouve ça amusant, tu m’étonnes qu’ils soient pas fiers de leur job. On est en 2016, et de voir cette situation c’est vraiment horrible. Il est même difficile pour les ONG d’accéder à ces zones, les habitants ne peuvent sortir qu’en cas d’extreme urgence médicale ou peuvent sortir pour acheter des médicaments etc sous escorte militaire pendant 2h, moyennant 30$. Le quartier vis donc approvisionné par des camions.