Le tour du Mont Perdu en autonomie, troisième plus haut sommet pyrénéen (3355m). Une belle aventure de 4 jours partagée entre amis, à travers les Hautes-Pyrénées françaises et espagnoles. La découverte d’un massif grandiose. Un faune et une flore magnifique, des paysages à couper le souffle : cirques, brèche de Rolland, cascades, canyons, cols enneigés…

Une météo capricieuse et dangereuse, nous poussant dans nos retranchements, jusqu’à l’impossibilité de franchir le dernier col. Des sentiers parfois très techniques, voire dangereux. Des rencontres sauvages, de beaux moments hors du temps. Un super condensé d’émotions et de sensations que peut nous apporter la randonnée en montagne.

Un avertissement orageux.

Arrivés au village de Gavarnie, nous sommes accueillis par l’orage. Il gronde, là-haut, mais semble s’éloigner. Le plateau de Bellevue nous offre une vue magnifique sur le cirque de Gavarnie.

Nous passerons la nuit plus haut dans le vallon, au pied de l’impressionnante montée qui nous attend le lendemain pour atteindre la brèche de Rolland. Des marmottes, des rapaces, la nature est déjà au rendez-vous.

Cette vallée nous offre un lever de soleil remarquable. La montée vers la brèche de Rolland est longue, 1000 mètres positifs depuis notre camp, et parfois technique. Petit à petit, le paysage des Pyrénées se dévoile.

La neige fait elle aussi son apparition. Toujours bien présente en ce début d’été, une bonne partie de l’ascension se fait les pieds dans la neige, le bonheur ! L’approche de la brèche est grandiose. La montée aura été longue car technique ou enneigée.

L’Espagne sauvage.

Passé la brèche, nous basculons côté espagnol. Une bifurcation ratée et nous tentons de récupérer le sentier en montant la pente en hors-piste. Mauvaise idée. La pente devient trop raide, à quelques mètres du « sentier », nous devons faire demi-tour. Je glisse et me paie une belle glissade dans la neige, direction le pierrier qui me stop. Nous ne sommes pas équipés pour passer par là. Petite décharge d’adrénaline et de stress pour le groupe, ajouté à la bonne montée que nous venons de faire, nous décidons d’emprunter un autre sentier et de ne pas pousser trop loin aujourd’hui.

Une bonne descente technique à travers les rochers et une magnifique plaine s’offre à nous, entre montagnes et canyon. De belles rencontres sauvages, de nombreux isards rodent autour de notre bivouac. Sur cette plaine, pas d’eau. Nous faisons donc fondre la neige encore présente, que nous filtrons ensuite.

S’adapter aux conditions.

Troisième journée de trek, des paysages encore somptueux, un canyon vertigineux et nous découvrons le Mont Perdu, qui disparait petit à petit dans les nuages. La météo se gâte et nous ne pourrons pas passer par l’itinéraire prévu, trop dangereux, nous rajouterons donc des kilomètres et du dénivelé en descendant dans la vallée pour ensuite remonter au prochain col.

La journée sera longue, près de 20 kilomètres et 1300d+. Sur le papier cela parait correct. Mais autonomes, sur des sentiers aussi techniques, la progression est très lente, et les descentes pénibles. Une journée éprouvante pour le corps et l’esprit.

Renoncer face aux humeurs de la montagne.

Au quatrième jour de marche, la fatigue est présente, et nous devons entamer la descente du col d’Anisclo. Et quelle descente. Cette descente fait partie du GR 11 espagnol, mais s’avère être particulièrement dangereuse.

Après 2h de descente, l’orage pète. Même scenario, impossible de continuer via le sentier en balcon qui rejoint le prochain col. Il est fortement déconseillé par mauvais temps. Alors nous descendons encore 2h jusqu’au refuge au fond de la vallée. L’orage est de plus en plus fort, un grondement permanent. Un seul col nous sépare de la France mais il nous sera impossible de le franchir.

Nous décidons alors de rentrer en stop jusque Gavarnie, car les prévisions météo du lendemain ne sont pas bonnes. Une belle aventure partagée malgré un tour inachevé, c’est ça la montagne. Merci à Alex, Pierre et Ju.

Damien Cloarec

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